

🔎 Où ? En librairie (indépendante) !
Un bouquin étonnant ! Intriguée par la quatrième de couverture, j’étais à l’origine plutôt sûre de ne pas aimer ce livre. En général, je n’aime pas les perspectives adolescentes, qui font trop fausses à mon goût. Et pourtant, je me suis totalement laissée emportée par l’histoire de Dora.
Si comme moi vous n’avez pas la réf, (plus claire avec le titre original : Dora, a headcase) le personnage principal du récit s’inspire largement de Dora, la célèbre patiente de Freud qu’il avait diagnostiqué d’hystérie (🤡). Lidia Yuknavitch nous livre ici la perspective rafraîchissante de Dora elle-même, transformée en ado états-unienne du 21e siècle qui explose la case misogyne dans laquelle Freud l’a enfermée.
Cette réécriture féministe est réellement réjouissante, pleine d’humour, et la perspective adolescente est bien menée. Plus proche de la série « Skins » que de Fight Club comme l’annonce la quatrième de couverture, j’ai lu ce roman le sourire au lèvre. L’autrice n’évite cependant pas les sujets difficiles que soulève l’histoire de Dora (dont les agressions sexuelles qu’elle subit) et traite son personnage avec énormément d’empathie, en lui accordant la fin qu’elle mérite.
Seul gros bémol, j’ai trouvé le traitement des personnages racisés assez caricatural voire fétichisant, particulièrement Obsidienne, la meilleure amie dont Dora est amoureuse. Le côté cartoonesque des personnages qui fonctionne bien sur les autres était ici maladroit, ce qui finit par rendre Obsidienne sans intérêt à la lecture tant elle n’est caractérisée que par son « exotisme » Native-American.
