« Wittig », Emilie Notéris, Les Pérégrines, 2022

Couverture de "Wittig", orange et sobre, on y voit un petit portrait.
4ème de couverture de "Wittig".

🔎 Où ? En librairie (indépendante) !

Je n’en ai pas encore beaucoup parlé ici, mais Wittig est un(e) écrivain majeure dans mon panthéon de la littérature lesbienne personnel. « La pensée straight » est sûrement le premier ouvrage de théorie politique exigeant que j’ai lu, et même si à la première lecture j’en ai vraiment compris la moitié maximum (et aujourd’hui pas beaucoup plus), ce que j’en ai tiré a réellement changé ma perception de moi-même en tant que lesbienne. Alors au moment de me plonger dans ce récit/biographie, j’étais impatiente de la découvrir sous un nouveau jour, de relier tout ce que j’avais appris de façon éparse sur cette figure du féminisme et du lesbianisme radical.

Le format du livre est singulier, sur moi ça a très bien fonctionné : Émilie Notéris se met en jeu dans l’écriture et ne surplombe jamais la lectrice, c’est une position qui m’a séduite. Cela dit, « Wittig » reste biographique et peut donc parfois sembler dense, particulièrement les parties commentant la production théorique de Wittig, ainsi que les passages d’analyse littéraire de son oeuvre. Mon conseil ici, comme au sujet de l’oeuvre de Wittig elle-même, est de ne pas s’attacher à tout comprendre et intégrer, pour plutôt récupérer dans le livre ce qui nous sert et nous intéresse.

Le pari réussi de cet objet littéraire, c’est de mêler biographie, récit et témoignage, analyse littéraire, analyse politique et compte-rendu historique. L’espoir qu’il donne, en tout cas pour moi, c’est de décaler le regard sur Wittig, de continuer à diffuser sa pensée et son écriture, tout en cessant de l’idéaliser à outrance.

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