Cérémonie d’orage, Julia Armfield

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Trois sœurs, face à la montée inexorable de l’eau ; mais surtout trois sœurs, face à la difficulté de faire famille, à la recherche de sens dans un monde qui semble s’enfoncer inexorablement. Et la pluie, tout le temps, partout.

320 pages remplies de l’absurdité de vivre dans une société qui fonce droit dans le mur dans l’apathie générale, c’est trop proche de nous pour être vraiment dystopique ; j’ai eu peur que ça soit trop sombre, finalement c’était plutôt réconfortant de se sentir moins seule. Julia Armfield nous parle de relations familiales compliquées, du poids qu’un père maltraitant peut faire peser jusqu’après sa mort sur les relations entre soeurs, sur fond de catastrophe climatique dans un monde capitaliste qui ne sait pas s’arrêter. L’atmosphère est humide et maladive, la ville de Londres est un personnage à part entière, on alterne entre les points de vue des trois sœurs ; tout ça rend l’écriture un peu cryptique, il faut accepter de se laisser porter par le courant.

Moi j’y ai surtout lu tout ce qu’on essaye de faire pour réinjecter du sens dans la vie même quand tout nous désespère. Parfois c’est aller au taf, parfois c’est nager, parfois c’est coucher avec sa meuf et parfois c’est s’embrouiller à mort avec ses sœurs comme si on avait tout le temps du monde pour se réconcilier. Et parfois, comme ça a été le cas pour moi, c’est ouvrir un bouquin.

P.S. : c’est une réécriture du Roi Lear de Shakespeare, mais si comme moi vous n’avez pas la moindre idée de ce qui s’y passe, ça ne perturbe pas du tout la lecture.

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