Colza, Al Baylac

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Corky dans le film lesbien culte Bound, Cook dans la série Skins, le chanteur de Bronski Beat, la poétesse lesbienne Elizabeth Bishop : Colza, personnage qui donne son nom au roman, est tout ça à la fois. Colza nous parle de ce que c’est d’être butch, comment ça se construit, comment ça se vit, comment c’est perçu par les autres, surtout comment ça sauve la vie.

C’est le genre de roman dont on n’a rien envie de dire, qui se découvre au fil des pages et qu’on ne voudrait surtout pas gâcher. Alors au lieu de dire ce que ça raconte je vais dire ce que ça m’a fait ressentir. Colza, ça m’a parlé de mes amantes butch, de la manière dont elles se sont créées elles-mêmes, de ce qu’elles trouvent dans leur masculinité, de la façon dont il faut les aimer. J’y ai retrouvé Dorothy Allison en épigraphe, et Monique Wittig dans le style. J’y ai lu un imaginaire érotique singulier et puissant, omniprésent. J’y ai lu aussi, évidemment, l’amour des fems.

Non seulement j’ai adoré cette lecture, mais elle me semble essentielle pour ce qu’elle nous rappelle : les identités butch/fem existent toujours, elles ne seront jamais dépassées. Elles ne se laissent pas enfermer dans les stéréotypes qu’on veut leur accoler, elles ne sont jamais misogynes, jamais hétéros, jamais patriarcales, toujours transgressives et jouissives. Elles n’appartiennent jamais aux bourgeoises, elles revendiquent fièrement leur origine ouvrière et elles n’auront jamais vocation à se rendre intelligibles pour celles qui ne s’y reconnaissent pas.

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