Publié en anglais en 2021, traduit en français par Sarah Netter en 2024 chez burn-août
🔎 Où ? En librairie (indépendante) !
D’habitude je n’aime pas trop les résumés des maisons d’édition : je trouve qu’ils s’éloignent trop du style du roman, qu’ils en disent toujours trop ou vraiment pas assez, que j’ai toujours l’impression qu’ils ne s’adressent pas à moi. Mais cette fois-ci, évidemment parce que Burn-Août est une maison d’édition pas comme les autres (associative, au travail d’édition collectif, et au site délicieux qui rappelle la meilleure époque d’Internet), le résumé est super et je ne saurais pas faire mieux, alors je vous laisse le lire ici !
Une preuve de plus que Sarah est un prénom de lesbienne ! J’ai absolument adoré cette lecture. L’écriture de Sam Cohen est envoûtante, impossible à lâcher, pleine d’images nouvelles qui rappellent pourquoi la littérature est magique. Dans les recueils de nouvelles, je trouve souvent qu’il y en a une ou deux qui sont un peu en-dessous ; mais dans Sarahland, chaque nouvelle m’a surprise d’une façon différente, m’a touchée d’une nouvelle façon. L’autrice passe sans effort d’un récit empruntant des codes d’écriture de la fanfiction à une réécriture biblique. Je garde une affection particulière pour « Exorcisme ou manger maon jumelleau », qui parle d’être complètement obsédée par quelqu’un au point de créer tout un récit sur ce qui se passe dans cette relation alors qu’il ne se passe, en réalité : rien. Tout ça dans un univers de fans de Buffy contre les vampires et d’auteur-ices de fanfiction. Un délice.
Ces nouvelles parlent de judéité, d’adolescences & de vieillirs queer, sexualité, de la mort, d’obsession et d’identité ; chacun de ces thèmes est traité finement et sans jamais de banalité. La maîtrise littéraire de Sam Cohen est évidente et lui permet, dans chaque récit, d’en profiter pour questionner la forme et la narration, en nous demandant : qui écrit les histoires ? comment on les écrit à plusieurs ? Comment on les écrit histoires sans les écrire, seulement en se les racontant ? Et surtout : Est-ce qu’on peut changer les histoires ?


