Publié en castillan en 2009, traduit en français par Diane Moquet et Camille Masy en 2020 chez Cambourakis
🔎 Où ? En librairie (indépendante) !
Patchwork de mini-essais sur des sujets allant du travail du sexe au port du voile, tous portés par une écriture jouissive, enthousiaste, sincère : c’est ce que propose la flamboyante Itziar Ziga dans Devenir chienne. Elle pose dès le début un point de vue clairement situé de militante féministe queer basque dont l’hyperféminité n’a jamais été synonyme de normativité : tout chez elle bouscule et dérange, et c’est ce qui fait de ce recueil une expérience jubilatoire pour qui se reconnaît en elle.
Bien parti pour être la lecture la plus réjouissante de l’année pour moi ! J’y ai trouvé tout ce qui me touche : la solidarité avec toutes les disqualifiées de la féminité hégémonique, des folles aux travailleuses du sexe en passant par les femmes trans ; l’omniprésence du politique dans nos existences ; l’importance de la lutte concrète. Ziga livre des analyses qui m’ont paru viser très juste à des endroits où je ne l’attendais pas, notamment lorsqu’elle parle de sa sororité avec les femmes musulmanes, ou lorsqu’elle pointe la façon dont les bears trahissent la masculinité d’une façon qui peut être rapprochée de nos propres trahisons de genre à l’inverse. Ce qui transpire le plus de l’ouvrage, c’est l’amour qu’elle porte à ses amies chiennes : elle entre en conversation avec elles, leur rend hommage, et les met en valeur par les photographies qui parsèment le livre et mettent en image ce que c’est vraiment, de devenir chienne.
J’ai eu l’impression d’arriver chez moi en ouvrant ce livre et je suis infiniment reconnaissante à Itziar Ziga d’avoir mis en mots ce que signifie pour moi être fem ; ce n’est pas le terme qu’elle utilise pour elle-même, le contexte culturel l’explique sûrement en partie, mais c’est bien de nous qu’elle parle, y a pas de doute. C’est un livre à lire pour prendre de la force, et qui donne envie de créer des collectifs de solidarité entre chiennes !



