

🔎 Où ? En librairie (indépendante) !
15 textes, de l’essai à la nouvelle érotique, tous centrés sur la question fem. Le texte qui porte ce nom, « The femme question », est d’ailleurs peut-être le plus connu du recueil, puisqu’il a été publié précédemment dans deux anthologies de référence : « The persistent desire: A femme-butch reader » (Alyson Books, 1992) et « Attirances. Lesbiennes fems, lesbiennes butchs » (Editions Gaies et Lesbiennes, 2001). C’est dans cette dernière que j’ai découvert la dynamique butch-fem. Cette culture, moins présente en France qu’aux États-Unis, semble connaître un « revival » en ce moment, mais souvent en laissant de côté les racines ouvrières des butchs et des fems originelles. C’est en partie pour ça qu’il faut lire Joan Nestle.
Il faut aussi la lire pour la lesbienne incroyable qu’elle est : cofondatrice des Lesbian Herstory Archives (centre d’archives lesbiennes à New York), militante dans divers mouvements LGBTI, féministes et lesbiens, sa vie nous raconte quelque chose du mouvement féministe et lesbien de son époque.
Ce qui me touche le plus dans l’histoire lesbienne, c’est l’importance des connexions. Connexion entre vieilles lesbiennes et bébés lesbiennes, dans la conservation et la mise en avant des archives. Connexion entre les lesbiennes et les autres femmes, dans la participation active et souvent pionnière des lesbiennes aux mouvements féministes. Connexions entre les lesbiennes et les travailleuses du sexe. Dans chaque lutte à laquelle j’ai participé, il y avait des lesbiennes à l’avant-garde. Notre histoire est celle de la solidarité.
Et puis finalement, lisez « fem » parce que la dédicace de l’autrice au début du livre finit ainsi : « Enfin, Deborah Edel et Dianne Otto, c’est grâce à vous que tout ce qui a été bon a été possible ». Dédier son livre à son exe et à sa meuf, a-t-on déjà vu plus lesbien ?
